Le savoir c'est le pouvoir

Endométriose, des nouveaux espoirs de traitements

femme scientifique recherche endometriose

Comment se fait-il que l’endométriose, une maladie aussi invalidante pour 10% de la population mondiale n’ait pas eu plus d’avancées scientifiques depuis ces derniers siècles ? Si, cette maladie a longtemps été considérée comme psychologique et cachée derrière la notion d’hystérie, dans les précédentes décennies, peu de recherches scientifiques ont été lancé sur cette maladie. On ne sait à ce jour pas de manière claire à quoi est due l’endométriose et le seul traitement actuel est la chirurgie par exérèse des lésions. Cependant dans 50% des cas les lésions reviennent et 27% des cas nécessitent de faire trois opérations ou plus1. Ce n’est que depuis ces dernières années que la parole des femmes a commencé à se libérer et que les scientifiques se penchent de manière plus accrue sur cette maladie et des potentiels traitements.

Les dernières avancées

Par ultrasons

En 2017, le Pr. Gil Dubernard, gynécologue à l’Hôpital de la Croix-rousse propose un nouveau traitement2 pour les malades ayant une endométriose avec une atteinte digestive. Il suggère de détourner de son utilisation première le Focal One, appareil utilisé dans le traitement des cancers de la prostates pour dévitaliser les lésions d’endométrioses présentent entre le rectum et l’utérus (une zone très fréquemment touchée) grâce à des ultrasons. L’opération éviterait une cœlioscopie assez lourde qui pouvait déclencher des hospitalisations longues, beaucoup de douleurs ainsi qu’une colostomie et la pose d’une poche rectale dans certains cas. L’effet clinique se poursuit permettant à une dizaine de patientes de tester l’opération. La société développant le Focal One réfléchit actuellement au développement d’un appareil dotée d’une sonde plus compatible avec la morphologie féminine.

Via nanoparticules

En 2020, dans la revue scientifique à comité de lecture Small, qui publie des articles dans le domaine des nanotechnologies, une étude3 parle de la possibilité d’identifier avec précision des lésions d’endométriose par imagerie de fluorescence et de les détruire grâce à la photothermie (technique qui a pour but de détruire les cellules visées en les brûlant à partir de vibrations et de rayons infrarouges4). Pour identifier les lésions avec précision, on associe une teinture sensible à l’imagerie de fluorescence mais également photothermique ainsi qu’une nanoparticule (une particule microscopique) ciblant et s’accrochant aux lésions d’endométriose. Ces nanoparticules ont été construites pour devenir fluorescentes uniquement lorsqu’elles se retrouvent dans les lésions d’endométriose. Une fois la fluorescence activée, les nanoparticules sont exposées à une lumière proche de l’infrarouge, permettant aux particules d’entrer en résonance et ainsi d’augmenter la température cellulaire à 53 °C, entraînant la destruction ciblée des lésions d’endométriose et épargnant les cellules proches. Cette technique n’a été testée que sur des souris immunodéficientes auxquelles on a implantées des biopsies de tissu endométrial et des lésions d’endométriose provenant d’un singe. Cette procédure étant efficace sur des souris, la recherche pourra certainement passer au stade supérieur en testant cette technique directement sur des singes. Cette procédure permettrait d’éviter de grosses chirurgies parfois invalidantes s’il y a eu résection de certains organes (stomie par exemple) mais permettrait également l’ablation totale des lésions d’endométriose, évitant ainsi leur retour et de nouvelles chirurgies3.

Aider à la recherche

En octobre 2018 est lancé par ComPaRe (La Communauté des Patients pour la Recherche) la première étude d’envergure sur l’endométriose ouverte à toutes les personnes atteintes d’endométriose ou d’adénomyose francophones5. La plupart des questions portent sur les symptômes, les traitements, la qualité de vie,… une manière d’avoir une étude à grande échelle sur l’évolution de la maladie et comment vivent les personnes touchées par l’endométriose et l’adénomyose. Pour y être inscrite depuis maintenant un an, les questionnaires sont rapides à remplir car prennent moins de dix minutes et c’est une belle initiative qui mérite de s’y impliquer. Si vous souhaitez y participer, il suffit de vous inscrire sur la plate-forme ComPaRe.

Sources

  1. I. Tandoi, E. Somigliana, J. Riparini, S. Ronzoni, P. Vigano, M. Candiani, J. Pediatr. Adolesc .Gynecol. 2011, 24, 376. & S. W. Guo, Hum. Reprod. Update 2009, 15, 441. 

  2. CHU LYON, Utilisation d’ondes HIFU pour traiter l’endométriose, 2017 

  3. Small 2020, 1906936 Nanoparticle-Based Platform for Activatable Fluorescence Imaging and Photothermal Ablation of Endometriosis, Abraham S. Moses, Olena R. Taratula, Hyelim Lee, Fangzhou Luo, Tanner Grenz, Tetiana Korzun, Anna St Lorenz, Fahad Y. Sabei, Shay Bracha, Adam W. G. Alani, Ov D. Slayden, and Oleh Taratula  2

  4. La nanomédecine, la photothermie. 

  5. ComPaRe : la première étude d’envergure dédiée à l’endométriose 

Partager cet article

Articles liés